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IBAN modifié sur une facture fournisseur : reconnaître la fraude à la facture

La facture ressemble à toutes les autres. Logo, adresse, numéro, montant sont corrects. Seul l'IBAN a changé. Parfois une phrase l'accompagne : « Merci de noter nos nouvelles coordonnées bancaires. » Qui paie maintenant vire peut-être l'argent à des escrocs, et le vrai fournisseur attend toujours son dû.

Cet article décrit comment cette fraude fonctionne en Suisse, à quoi la reconnaître et quelles règles simples protègent votre entreprise.

Comment fonctionne la fraude aux coordonnées bancaires modifiées

L'Office fédéral de la cybersécurité (OFCS, anciennement NCSC) décrit ce procédé sous le nom de Business E-Mail Compromise : des attaquants accèdent à une messagerie professionnelle, le plus souvent chez le fournisseur. Ils y trouvent de vraies factures et de vrais contacts clients. Ils renvoient ensuite des factures déjà émises avec un IBAN modifié, ou annoncent que les prochains paiements doivent aller sur un autre compte.

L'e-mail provient de l'expéditeur réel ou d'une adresse qui ne diffère que d'une lettre. Le document est l'original, avec une seule modification. Chercher des fautes d'orthographe ou un graphisme douteux ne sert donc à rien.

Une variante est la fraude au président (CEO fraud) : un message prétendument de la direction exige un virement urgent et confidentiel. Selon l'OFCS, cette fraude reste l'une des méthodes les plus signalées par les PME (rétrospective hebdomadaire OFCS, janvier 2026).

Signaux d'alerte sur la facture et dans l'e-mail

  • Nouvel IBAN chez un fournisseur que vous payez depuis longtemps.
  • Mention d'un changement de compte dans le texte du mail ou en tampon sur la facture.
  • IBAN d'un autre pays ou d'une autre banque qu'auparavant, pour un fournisseur suisse inchangé.
  • Urgence : « avant ce soir », « sinon arrêt des livraisons ».
  • Demande de confidentialité ou de contournement de la validation habituelle.
  • Adresse d'expéditeur différente ou adresse de réponse qui ne correspond pas au domaine du fournisseur.
  • Section paiement de la QR-facture qui ne correspond pas à l'en-tête : le bénéficiaire inscrit dans le Swiss QR Code n'est pas le fournisseur. Sur la QR-facture, les données du code sont aussi imprimées en clair. Comparez les deux.

Un IBAN formellement valable ne dit rien sur le bénéficiaire. Les IBAN suisses comptent 21 caractères et une clé de contrôle ; les escrocs utilisent de vrais comptes, la clé est donc toujours juste.

La règle principale : rappeler par un canal connu

Pour toute demande de paiement et toute modification de données de base, l'OFCS recommande une vérification par un second canal : appelez le fournisseur au numéro que vous connaissez déjà, pas à celui de l'e-mail ni de la nouvelle facture. Posez une question précise : « Avez-vous changé de banque ? Quel est le nouvel IBAN ? » Faites-vous lire l'IBAN et comparez.

Répondre par e-mail au même message n'est pas une vérification. Si la messagerie du fournisseur est compromise, ce sont les attaquants qui répondent.

L'OFCS conseille aux PME de mettre en place des barrières techniques et organisationnelles :

  • Principe des quatre yeux pour les paiements et pour toute modification des données fournisseur, par exemple un nouvel IBAN.
  • Aucune exception, même pour une instruction « d'en haut ». La fraude au président repose justement sur le fait qu'un collaborateur enfreint la règle parce que le chef l'exigerait.
  • Séparer la gestion des données de base du paiement. La personne qui modifie un IBAN ne doit pas pouvoir déclencher le paiement en même temps.
  • Tenir un historique. Une liste des IBAN connus par fournisseur rend les écarts visibles.

Que faire si le paiement est parti

  1. Appeler immédiatement la banque. Selon l'OFCS, le paiement peut parfois encore être arrêté. Chaque heure compte.
  2. Informer le fournisseur pour qu'il fasse contrôler sa messagerie et avertisse ses autres clients.
  3. Déposer plainte auprès de la police cantonale et signaler le cas à l'OFCS.
  4. Changer les mots de passe et faire vérifier sa propre informatique si l'on ignore si son propre compte est touché.

L'obligation de payer le vrai fournisseur subsiste en général. La prévention coûte donc moins cher que toute tentative de récupération.

Check-list avant paiement

  • L'IBAN correspond-il aux factures précédentes du même fournisseur ?
  • Sinon : rappel au numéro connu effectué et documenté ?
  • Bénéficiaire de la section paiement QR identique à l'en-tête ?
  • Paiement et modification des données validés par deux personnes ?
  • Aucun paiement sous pression de temps ou avec demande de confidentialité ?

Détecter automatiquement un changement d'IBAN

Pour chaque facture téléversée, Klyrenta compare l'IBAN avec les factures précédentes du même fournisseur dans votre compte. En cas d'écart, un avertissement s'affiche avec la consigne d'appeler le fournisseur à un numéro connu. S'y ajoutent le contrôle de la clé IBAN, du format IDE, des doublons, des taux de TVA et des montants. Chaque facture reçoit OK, Avertissement ou Erreur avec motif ; les résultats s'exportent en Excel.

Klyrenta ne paie rien et ne comptabilise rien. La décision reste la vôtre. Les données sont hébergées en Suisse chez Infomaniak, les fichiers supprimés après 90 jours.

10 factures gratuites. En savoir plus sur le contrôle des factures pour PME. Voir aussi : Détecter les factures en double.

Vérifié d'après les sources officielles citées dans le texte.